L’analyse du comportement lors des prises de positions doit permettre de répondre à cette question.

L’investisseur qui se décide essentiellement sur des données de l’analyse fondamentale a pour habitude de retenir un point d’entrée, un point d’abandon (le stop loss) et un objectif minimal à partir duquel on prend la décision de sortir ou de garder. Bien entendu, entre temps il est vivement recommandé de vérifier si les cours vont bien dans le sens voulu.

Le cas du trader en intra-day est différent : il va décider d’entrer dans une position

car

il considérera que la situation d’un actif mérite que l’on prenne le pari de la hausse ou de la baisse.

Les informations concernant les fondamentaux  de l’actif sont inutiles et même nuisibles : il prend position en fonction d’une situation de marché. Pour prendre sa décision, il étudie essentiellement l’état psychologique du marché et la dynamique des prix.  Pour ce faire, il utilise essentiellement l’analyse technique. Celle-ci est un véritable tableau de bord lui donnant l’état du marché. S’il considère qu’une situation a un potentiel donné – à la hausse ou à la baisse- et que les probabilités sont de son coté, il prendra position en étudiant soigneusement un point d’abandon.

Mais qu’en est-il de l’objectif de cours ?   Dans la mesure où il évalue une potentialité, le trader n’a pas véritablement en tête un objectif de cours. Il connaît les supports et les résistances. Il va donc attendre que le cours touche un support ou une résistance (pour l’unité de temps sur laquelle il travaille) et réévaluer la situation à ce moment là. Si l’actif continue dans son sens, il pourra même renforcer sa position plutôt que de la liquider ou d’en liquider une partie. S’il estime être dans une situation de doute, il liquidera totalement ou partiellement sa position. Le day trader (surtout celui qui joue à très court terme) n’est pas en mesure de fixer un objectif. Il ne peut qu’analyser une situation.

De la confusion entre le comportement d’un investisseur et d’un day trader, il en résulte généralement des comportements peu performants. Confondre les comportements est source de stress et de perte.

En réalité l’investisseur aurait plutôt intérêt à calquer son comportement sur celui du day trader et réévaluer régulièrement sa position. Ceci lui permettrait d’avoir un comportement plus actif et de profiter des oscillations du marché. 

Les obstacles les plus fréquents à avoir un jeu de position plutôt qu’un jeu d’objectif sont les suivants :

-manque de temps pour effectuer le travail de réévaluation

-problèmes liés à l’ego de l’opérateur : « si j’ai pris telle position, c’est que j’avais raison »

-problèmes liés au manque de connaissance technique pour évaluer

cor

rectement une situation.

-problèmes liés au fait que l’on étudie mal son point d’abandon et que l’on intègre pas le fait d’accepter une perte aussi minime soit t’elle.

-intoxications dues au nouvelles et analyses des tiers.

-confort mental de se reposer sur un objectif. Tant qu’il n’est pas atteint, on ne bouge pas.

La question que l’on se pose rarement est comment a-t-on déterminé l’objectif ?  Dans de nombreux cas on s’apercevra que cet objectif aura été déterminé par une lecture ou par une discussion et non sur des arguments de marché.

Ces considérations sont exactement les mêmes qui séparent l’art de la stratégie chinoise de l’art de la stratégie occidentale. Cette dernière utilise un jeu d’objectif, tandis que la stratégie chinoise repose sur un jeu de situation. La première est rigide et ne permet pas de se retourner, la seconde permet de faire face à une nouvelle situation. Dans le premier cas il s’agit d’avoir raison de façon doctrinaire dans le second seuls les résultats comptent.

En matière de politique économique on constate les mêmes positions avec les mêmes résultats.

Conclusion : un bon trader est un trader au comportement souple, qui ne fait pas de prévisions mais qui examine une situation.